Arnaud, 22 ans, animateur en colonie de vacances

Arnaud tĂ©moigne de sa passion pour l’animation en centre de vacances. Nous lui avons posĂ© quelques questions sur ses motivations et les dĂ©marches qu’il a dĂ» effectuer pour exercer le mĂ©tier d’animateur de colonie de vacances en job Ă©tudiant. Propos recueillis par Jennifer Padjemi.

EtudiEmploi -Pouvez-vous vous présenter ? (Études, hobbies, etc.)

Arnaud -« Je m’appelles Arnaud, je suis actuellement étudiant en, troisième année de licence de mathématiques appliqués aux sciences sociales (M.A.S.S.) à l’université de Versailles, St- Quentin- en- Yvelines.

Pour moi, l’animation est une passion, car elle occupe pratiquement toutes mes vacances, j’aime beaucoup aussi tout ce qui touche à l’humanitaire. »

E.E -Pour quelle(s) raison(s) avez-vous eu envie d’entreprendre une formation BAFA ?

A. « Après avoir fait quelques baby-sitting, qui se sont très bien passés, j’avais trouvé ça intéressant de travailler avec des enfants et donc j’ai eu l’envie de faire des colonies en tant qu’animateur pour travailler avec eux.

Pour cela j’ai dû passer mon BAFA pour acquérir des compétences en plus et pour obtenir un diplôme qui par la suite m’a permis de travailler dans l’animation. »

E.E –Comment se sont déroulées vos démarches administratives (inscriptions, aides financières etc.)

A. « Moi j’ai eu de la chance, parce- que je suis allé voir le maire de ma commune qui m’a financé mon stage théorique.

En échange, je devais travailler en tant qu’animateur, dans une école de la commune, ce que j’ai fait pour mon stage pratique.

C’est lui qui m’a remis le dossier d’inscription, que j’ai rempli par la suite.

Il est donc possible d’aller voir le maire dans les petites communes comme moi, mais généralement on s’inscrit dans les services jeunesse de sa ville, quand les villes en disposent.

Ca se trouve dans la plupart des grandes villes.

C’est vrai qu’au niveau du financement de ma formation, j’ai pu m’en sortir en ne payant que 175 euros en étant en plus remboursé, au lieu de payer 800 euros.

Donc au niveau des aides financières, on peut facilement ne pas payer grand-chose.

Seulement, il faut que dès le début la personne pense à prendre les formulaires de la CAF de sa région et de la CAF nationale.

Parce- qu’elles subventionnent à une certaine hauteur le stage payant de la formation, et ce n’est pas négligeable du tout.

Pour la première session théorique, elle rembourse 90 euros à peu près et pour la session d’approfondissement, elle rembourse dans les 135 euros.

Après il y a toutes les aides que l’on peut recevoir de la DDJS de sa ville par rapport à certains critères.

Et en plus de ça, si on arrive à trouver un stage pratique rémunéré, ça nous assure de payer le stage d’approfondissement.

Sinon, je me suis aussi inscrit plus en fonction de mes disponibilités, que du choix de l’organisme, mais ça peut dépendre parce que pour l’approfondissement par exemple, j’ai choisi l’organisme en fonction des thèmes qu’il proposait ».

E.E –Pensez-vous avoir eu les aides nécessaires aussi bien au niveau administratif qu’au niveau financier ?

A. « Oui, ça va, je n’ai pas eu de problèmes particuliers.

C’est juste que pour la CAF, il faut bien y penser parce- que si on oublie, on passe à côté d’une bonne aide, parce- que l’organisme doit d’abord remplir le formulaire avant de le renvoyer à la CAF.

En fait il faut y penser dès qu’on a passé son stage théorique, ça on le sait pas forcément.

Mais une fois qu’on est informé, ça va.

E.E –Comment s’est passé votre formation BAFA, étapes par étapes (stage théorique, stage pratique et stage d’approfondissement), puis dans sa globalité ?

A. « Stage théorique : Le stage théorique s’est très bien passé.

C’était assez intéressant, j’ai trouvé que même si on l’appelle théorique, il y a pas mal de pratique, parce- qu’on nous demande de faire des activités, de mettre en pratique des jeux, des chants ou des veillées.

Le stage était assez formateur, j’ai appris beaucoup de choses au point de vu légal, pour des idées d’activités etc.

On a aussi eu des mini- bilans pour qu’on puisse connaître nos points forts et nos points faibles et savoir ce qu’on devait améliorer pour avoir notre stage.

Stage pratique : J’ai fait mon stage pratique dans un centre de loisirs de ma commune.

J’ai fait 17 jours en tout, c’était intéressant, d’autant plus que j’ai été bien encadré par le directeur qui m’a mis à l’aise dès le début.

Il m’avait dit d’entrée que même si j’étais stagiaire, il me considérait comme un animateur à part entière mais avec plus de droits à l’erreur.

J’avais à charge des enfants de 6 à 12 ans avec qui je faisais des journées à thèmes, des kermesse, des sorties, des activités manuelles.

Avec l’équipe d’animation, ça s’est très bien passé aussi.

Ils m’ont bien aidé en me laissant au début le choix de prendre la tranche d’âge avec laquelle j’avais le plus de facilités, ils m’ont vraiment laissé prendre mes marques doucement.

Sinon au début, on a eu des réunions de préparations et c’est lors de ces réunions qu’on fixait le planning des semaines.

Ce planning était ensuite donné aux parents, mais il n’y avait pas de réunions tous le soirs comme en centre de vacances.

Sinon, au niveau de la rémunération, j’étais payé 70 euros net par jour, ce qui m’a aidé à payer le stage d’approfondissement.

Stage d’approfondissement :

Pour cette session, j’ai choisi le thème « camping et randonnée », le stage se déroulait dans les Alpes en internat.

Ce qui est intéressant avec l’approfondissement, c’est qu’au début, il y a un débriefing avec tous les autres stagiaires, sur les expériences de tout le monde.

Avec ça, on se rend compte de nos erreurs, de ce qu’on aurait pu faire en plus.

Ce stage était beaucoup plus libre que le théorique, on était beaucoup plus amené à faire les choses de nous-même.

Surtout que c’était sur le thème du camping, donc de la débrouillardise.

Tout le monde a eu son BAFA dans l’organisme avec lequel je l’ai passé.

Globalement, j’ai trouvé que la formation BAFA était très enrichissante, on apprend énormément de choses et c’est très formateur pour la suite.

On en apprend beaucoup sur l’enfant.

Sur des petites choses qui n’ont l’air de rien comme ça, mais qui lorsque l’on en prend conscience, on se rend compte que ce sont des choses qui peuvent être très importantes aux yeux de l’enfant ou même de l’adolescent. »

E.E –Pour le stage pratique, conseillerez-vous plus de le faire en centre de vacances ou de loisirs et pourquoi ?

A. « Je conseille souvent aux gens qui passe leur pratique de le faire plutôt en centre de loisirs.

Je dis ça, parce que il n’y a pas le sommeil à gérer, le centre de loisirs ferme généralement à 18h, ça fait qu’on a les moyens de rentrer assez tôt chez nous si on n’habite pas trop loin.

Alors que en centre de vacances la journée peut s’achever jusqu’à 1h ou 2 h du matin après les réunions, et que le lendemain il faut se réveiller à 7h du matin pour réveiller les enfants.

D’un point de vue fatigue, c’est vrai que les centres de loisirs sont plus avantageux, et même au niveau de la rémunération.

Mais les colonies de vacances sont peut-être mieux sur beaucoup de points, plus formatrices et il y a une ambiance générale où l’on vit pendant une, deux, ou plus de semaines avec les enfants et avec les autres animateurs.

Ce qui peut rendre la colo plus intéressante au niveau humain, mais avec la fatigue en plus. »

E.E –Parlez-nous de l’après BAFA, avez-vous rencontré des difficultés à trouver un job pendant les vacances scolaires ou en vacation ?

A. « Une fois que j’ai eu mon BAFA, je n’ai pas eu spécialement de problèmes pour trouver un job.

Par contre c’est vrai il faut pas, quand on vient d’être diplômé BAFA, avoir des exigences énormes, sinon c’est sûr que l’on trouvera pas grand-chose.

Après, pour un séjour pendant les vacances, quand on n’a pas encore beaucoup d’expérience, on trouvera beaucoup plus des séjours en France avec des enfants d’une tranche d’âge pas trop élevé.

Par la suite, plus on a de l’expérience, et plus les choix de séjours seront variés avec des séjours à l’étranger par exemple et avec des adolescents ou la possibilité de choisir la tranche d’âge qu’on préfère.

Néanmoins, tout dépend des directeurs pour tous les critères possibles.

Depuis que j’ai mon BAFA, j’ai travaillé en centre de vacances ou de loisirs à toutes les vacances scolaires, et je n’ai jamais eu de grandes difficultés à trouver.

D’ailleurs, mon BAFA m’a même permis de trouver des jobs qui n’avaient pas forcément un lien avec l’animation de centre de vacances ou de loisirs.

Pour les recruteurs c’était un plus, j’ai par exemple fait le Tour de France en tant que caravanier ou sinon, j’ai participé à une tournée de distribution de chocolats d’une marque connue, dans les stations de ski.

Le BAFA a donc été un atout majeur.

E.E –L’organisme avec lequel vous avez passé votre BAFA est-il resté en contact avec vous, pour vous proposer du travail occasionnel ?

A. « Je sais que l’organisme avec lequel j’ai passé mon BAFA ont des services de recrutement pour aider à trouver des stages ou des colos.

Personnellement, j’ai préféré chercher par moi-même, et je n’ai pas rencontré de difficultés. »

A. « Ce qui est intéressant notamment, c’est le travail en équipe.

Surtout sur les colos, où plus il y a d’enfants, plus il y a d’animateurs, et il y a une vraie notion d’échange qu’on n’a pas forcément dans la vie de tous les jours.

J’ai même déjà travaillé sur des séjours avec des adultes handicapés, et c’est vrai qu’on apprend beaucoup sur soi-même.

C’est une variante de l’animation qui est assez particulière et qui est très enrichissante où il y a beaucoup de chaleur humaine.

Mais l’animation en général m’a apporté énormément de choses et m’a beaucoup appris de la vie. »

E.E –D’après-vous, quelles qualités principales doit-il avoir pour travailler dans les meilleures conditions qu’il soit ?

A. « Je pense qu’un bon animateur doit essentiellement être dynamique et motivé.

Il faut qu’il ait un bon relationnel avec les enfants et les adolescents et qu’il puisse se mettre à leur niveau, pour bien les comprendre.

Apres il faut également qu’il instaure une relation de confiance avec eux pour que tout se passe pour le mieux, autant pour l’enfant que pour l’animateur.

Ensuite, il faut être organisé, parce- que les activités en colo ou en centre aéré se préparent bien à l’avance et sans un minimum d’organisation, on s’y retrouve plus.

Et puis le point normal pour être animateur mais important à souligner, c’est qu’il faut aimer les enfants ! »

E.E – Et qu’est-ce qu’il ne doit surtout pas faire ?

A. –Il ne faut surtout pas faire de l’animation pour passer des vacances.

Même si les séjours en soi sont intéressants, où l’on s’amuse bien avec l’équipe d’animation et les enfants.

Ou bien, même quand les séjours se passent dans un pays étranger et que l’on découvre un nouveau pays.

Ca reste un boulot quoi qu’il arrive, on n’est pas là pour s’amuser mais pour travailler.

Notre rôle est de faire que les enfants passent de très bonnes vacances, et si en plus il y a une bonne ambiance et qu’on s’amuse bien, c’est tant mieux.

Il ne faut pas pour autant oublier que c’est un travail avant tout. »

E.E –Un dernier petit conseil ?

A. « Passez votre BAFA, parce que le monde de l’animation est l’un des seuls domaines où on allie travail et plaisir.

C’est un enrichissement incroyable, donc passez-le ! »

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